Bruxelles, capitale de Belgique

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BRUXELLES, LA CAPITALE DE LA BELGIQUE.

L’histoire de Bruxelles.

On situe la naissance de Bruxelles vers 979. Le développement de la ville est marqué par 3 grandes périodes. La première se situe entre le XIe et la 1re moitié du XIIe siècle, la deuxième entre le XIIIe et le XIVe siècle et la dernière entre le XVIIe et le XVIIIe siècle.
À la fin du xe siècle, l’actuel territoire de la Belgique appartenait, pour une part à l’empereur du Saint-Empire germanique (en gros, la moitié sud du pays) et pour l’autre part au roi de France (en gros, la moitié nord du pays). L’empereur Otton III souhaitait surveiller le comte de Flandre, vassal du roi de France, et l’empêcher d’entrer dans son Empire. Il remit donc des terres à son vassal, le duc de Basse-Lotharingie, lui demandant d’y construire un fort (castrum).

Un castrum.

Le site naturel des îles de la Senne, défendues par les bras de la rivière et par des marais, parut convenir parfaitement. Charles de France, duc de Basse-Lotharingie, y installa un fort vers 979.

C’est à côté de ce castrum que la ville de Bruxelles prit naissance. Le site attira un certain nombre de marchands. Au nord du confluent des bras de la Senne, la rivière devenait en effet navigable. Ils y installèrent un débarcadère. Celui-ci devint l’embryon d’un portus, modeste hameau où s’installèrent des habitants engagés dans des activités à la fois agricoles et commerciales.

Au castrum militaire et domanial se serait donc juxtaposé, après l’an mil, un portus marchand, qui aurait attiré des habitants. Une place fut convertie en marché. Elle prit le nom de Nedermerct, marché bas et constitue l’origine de la future Grand-Place.Ce stade de développement pré-urbain se situe vraisemblablement entre 1000 et 1150.

Vers la même époque, sur une des collines du versant Est de la Senne, s’édifia l’église Saint-Michel, à l’emplacement d’une ancienne église carolingienne et à proximité d’un village. Sur l’autre colline, au Coudenberg, le comte de Louvain, héritier des droits du duc de Basse-Lotharingie sur la région, y construisit un château. Le castrum du xe siècle fut en effet abandonné.

Pour quel motif ? Le comte souhaitait-il, pour des raisons stratégiques, déplacer son habitat sur la hauteur ? Ou bien cherchait-il un endroit plus agréable, à l’écart d’une communauté urbaine de plus en plus envahissante ? Historiens et archéologues s’interrogent.

Le noyau urbain grandit entre ces trois zones : le portus, l’église Saint-Michel et le château du Coudenberg. Une population absorbée dans des activités commerciales, artisanales et rurales, s’installa d’abord sur la rive droite, en face des îles, puis s’étendit vers l’est, vers la colline du Coudenberg, afin d’éviter les inondations.

La 1er enceinte.

Une 1re enceinte fut aménagée au XIIe siècle. Certains historiens la situent au début du siècle, d’autres vers la fin. Ses 4 kilomètres de contour étaient ponctués par 50 tours et 7 portes. Aujourd’hui encore, la ville en conserve quelques rares vestiges.

Aux XIIIe-XIVe siècles, cette enceinte devint trop étroite pour contenir toute la population. Des quartiers ouvriers s’étaient même établis à l’extérieur. L’accroissement de la population s’expliquait par une démographie en hausse et une demande de main-d’oeuvre, justifiée par la prospérité des industries locales. Aussi, une 2e enceinte fut-elle construite dans le 4e quart du XIVe siècle. Elle allait contenir la population de la ville jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, laissant même de larges espaces inoccupés.

Aux XVIIe-XVIIIe siècles, l’accroissement du peuplement urbain entraîna la multiplication et la diversification des marchés, la création de marchés spécialisés en plein air et de marchés couverts, les halles. La plupart des marchés occupèrent les espaces autour de la Grand-Place. Les marchés les plus encombrants se tenaient à proximité de la 1re enceinte. Les premières halles durent être édifiées au XIIIe siècle. Elles devinrent plus vastes ou plus nombreuses dès le XIVe siècle.

Les premiers édifices publics apparurent tardivement. La construction d’un beffroi et d’un modeste hôtel communal n’eut lieu que dans le courant du XIVe siècle, sur la Grand-Place. Au tournant des XIVe-XVe siècles, ce premier hôtel communal fut remplacé par ce qui constitue aujourd’hui l’aile gauche de l’actuel édifice gothique. L’aile droite fut construite au milieu du XVe siècle.

Le bombardement de Bruxelles.

À la fin du XVIIe siècle, la ville de Bruxelles connut un grand traumatisme. Ce bouleversement ne fut pas la conséquence de grands travaux, mais d’un fait de guerre : le bombardement de la ville par les Français au cours des campagnes de Louis XIV contre l’Espagne. Les évaluations de l’ampleur du désastre divergent quelque peu, mais il semble que quelques 3.800 maisons, 11 églises et de nombreux couvents furent détruits ; des centaines d’habitations,en outre, furent sauvagement endommagées. Environ un quart de la ville se trouvait en ruine. Le sinistre frappait surtout le centre, dans les limites de la première enceinte et au-delà decelle-ci, au sud-ouest. La Grand-Place était ravagée. Par contre, la cathédrale Saint-Michel fut épargnée ainsi que le quartier du palais.

Moins de 40 ans plus tard, ce fut le tour de la ville haute : en 1731, le palais du Coudenberg fut la proie d’un violent incendie. On ne le reconstruisit pas directement. L’architecture du palais ne correspondait en effet plus aux goûts de l’époque. Cette destruction prépara le terrain pour l’aménagement, cinquante ans plus tard, du quartier de la Place royale actuelle et notamment d’un nouveau Palais royal. Le tout prit la forme d’un grand ensemble néo-classique.

D’après (synthèse de l’Unité de didactique en histoire de l’UCL) A. SMOLAR-MEYNART et J. STENGERS (s. dir. de), La Région de Bruxelles. Des villages d’autrefois à la ville d’aujourd’hui, (Bruxelles), Crédit communal de Belgique, 1989, p.45-79 (synthèse de l’Unité de didactique en histoire de l’UCL)

 

 



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